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LES RISQUES INFECTIEUX LIÉS À L'EXPOSITION AU SANG

La gestion des risques constitue un des volets prioritaires de la santé. Elle intervient dans un processus d'amélioration continue qui doit permettre de fournir des soins de qualité aux patients tout en protégeant le personnel soignant.

Avec l'apparition du SIDA, de nombreuses recommandations font état de la nécessité de respecter les règles d'hygiène permettant de limiter les risques de contamination du personnel.

En 1985, des mesures universelles et des catégories d'isolement sont définies pour renforcer les précautions destinées à protéger le personnel soignant vis-à-vis du risque d'exposition au sang.

Les précautions universelles (Circulaire DGS/DH n°23 du 3 août 1989) destinées à prévenir les risques d'exposition au sang reconnaissent le caractère universel des règles d'hygiène à appliquer pour tous les patients, quel que soit leur statut sérologique, et lors de tout geste invasif.

La circulaire DGS/DH N° 98/249 du 20 avril 1998 relative à la prévention de la transmission d'agents infectieux véhiculés par le sang ou les liquides biologiques lors des soins dans les établissements de santé actualise les recommandations concernant la gestion du risque et les moyens de prévention. Les précautions universelles sont élargies à l'ensemble des produits biologiques et désormais dénommées précaution standard (les visualiser, format Word).

Le décret du 4 mai 1994, relatif à la protection des travailleurs contre les risques résultant de leur exposition à des agents biologiques, oblige les directeurs d'établissements à fournir aux travailleurs des mesures de protection collective ou, lorsque l'exposition ne peut être évitée par d'autres moyens, des mesures de protection individuelle.

Un accident avec exposition au sang (AES) est défini comme un contact accidentel avec du sang ou un liquide biologique au niveau d'une effraction cutanée (piqûre, coupure, peau lésée) ou d'une muqueuse (projection de liquide dans l'œil...).

Le risque moyen de transmission après une exposition au sang d'un patient infecté est de :

VIH : 0,3% VHC : 2 à 3%
VHB : 2 à 40%
Les chiffres de contaminations recensées en France chez le personnel de santé après AES (données de juin 1998) sont respectivement de:
VIH : 13 cas prouvés et 29 cas présumés VHC : 35 cas prouvés.

En cas d'accident avec exposition au sang, il convient :

de suivre les recommandations de la circulaire DGS/DH/DRT/DSS n°98/228 du 9 avril 1998 (recommandation de mise en œuvre d'un traitement antirétroviral après exposition au risque de transmission du VIH), et de la circulaire DGS/DH/DRT n°99/680 du 8 décembre 1999 relative aux recommandations à mettre en œuvre devant un risque de transmission du VHB et du VHC par le sang et les liquides biologiques.

de faire une déclaration d'accident du travail à son employeur et de notifier l'accident à la médecine du travail.

Extrait du "guide des matériels de sécurité", Édition 1999-2000

Un accident très rare en milieu médical

La contamination par le virus du sida (VIH) d'un patient par un membre du personnel hospitalier est exceptionnelle, le virus survivant très peu de temps à l'air libre. Elle est beaucoup plus rare que la transmission de l'hépatite B ou de l'hépatite C. Jusqu'à présent, seulement deux cas de transmission du VIH d'un chirurgien vers un malade ont été relevés dans le monde.

En France tout d'abord, à Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines. Entre 1983 et 1993, un chirurgien orthopédique porteur du virus avait opéré 3004 patients. Un test a alors été effectué sur 983 d'entre eux et une seule personne s'est révélée séropositive. Aux États-Unis ensuite, où un dentiste de Floride porteur du virus a probablement transmis le VIH à six patients.

En revanche, la contamination d'un personnel de santé par un malade infecté est beaucoup plus courante puisqu'un article annuel du "Bulletin épidémiologique annuel" fait état en tout de 42 cas de transmission VIH, dont 13 confirmés et 29 présumés. Actuellement, le sida se transmet majoritairement par voie sexuelle et à moindre mesure par le sang à condition qu'il y ait contact avec une plaie saignante. Une piqûre avec du matériel souillé peut également être la source d'une contamination alors que les transmissions sanguines sont devenues bien plus sûres depuis 1985.

 

 

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